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Test de l'enregistreur 4MINX de AETA 

Par Pierre-Antoine Coutant - Publié le 15 June 2012

Test de l'enregistreur 4MINX de AETA

 

Le 4 Minx semble arrivé à maturité dans sa version 1.5.

 

Au départ je cherchais à remplacer ma configuration NagraBB+ couplé à une mixette 442. Je voulais un enregistreur multipiste avec TC, souple et adaptable à différentes situations. Il fallait aussi qu’il soit facile à amortir et disponible pour des tournages légers, typiquement avec une «caméra» Canon 5D par exemple.

 

J’ai donc éliminé les machines trop onéreuses (744, 788, Sonosax…) et je me suis penché sur le 4Minx d’AETA (2 à 8 pistes, TC Ambient en option) et le Nomad de Zaxcom (4 à 12 pistes, TC en option). Ils présentent l'intérêt d’être tous les deux à la fois mélangeur et enregistreur et d’être évolutifs. Très rapidement l’ergonomie Hardware de 4Minx m’a plut (Châssis robuste, grand écran, potentiomètre accessible et boutons assignables) même s’il n’est pas très novateur de ce point de vue là. Après écoute et manipulation mon choix c’est fait sur le 4Minx d’AETA en version 6 pistes+TC. Avantage, il est aussi 1000,00 € H.T. moins cher que le Nomad. Soyons clair aussi, je ne comparerai pas le 4Minx au Cantar. On n’est pas du tout dans la même gamme de prix et il n’est pas raisonnable de demander la même chose aux deux machines.

 

Voici un petit compte-rendu de ma première utilisation de l’enregistreur AETA 4Minx sur 3 jours en intérieur pour le tournage de 3 épisodes d’une petite Websérie. La configuration est simple : Enregistrement bi-piste avec une perche (un HF en sécurité), une voix Off en direct et 2 circuits de monitoring distincts (Lectrosonic et Phonak).

 

A- Petit tour du propriétaire

Ma machine, 1,9 Kg à vide, 260 x 75 x 195 mm, est disponible en 4 jours. Elle est livrée dans un joli carton avec l’alimentation secteur et un manuel de prise en main rapide. Le mode d’emploi complet est disponible sur le site du fabricant. (A lire pour un descriptif très poussé et complet de la bête)

 

Sur le coté gauche : 4 entrées micro analogiques (XLR),  2 paires d’entrées numériques (XLR standard AES-3 compatible AES-42), 3 paires de sorties numériques (miniXLR), et un port I/O analogique avec alimentation possible de HF (connecteur Neutrick miniCon vers entrée 3&4).

 

Sur le coté droit : Sortie casque (6,35), 2 paires de sorties ligne (XLR 5) et un mini jack de sortie asymétrique reprenant les sorties ligne 1&2, une paire d’entrées ligne analogiques (XLR 5), un connecteur TC (Mini LEMO) et un de synchro (BNC pour Word Clock), 2 ports USB (USB1 et mini USB2), le slot carte SD, un connecteur direct I/O (Sub-D 9), l'alimentation externe (Hirose) et enfin un port Ethernet (RJ45) pour un contrôle externe à venir (ordinateur ? surface de contrôle ?)

 

On peut connecter un mini clavier (USB) et un disque-dur (ou lecteur de carte) pour faire un back-up en tâche de fond.

 

Face arrière : Batterie type Sony NP-F

 

Face avant : 9 Faders, écran, touches de fonction, roue codeuse, niveau casque.

 

B-Prise en main

Comme toute machine informatisée, la prise en main demande un petit temps d’adaptation, une accoutumance. Celle de l’AETA me semble finalement assez rapide et après une journée d’utilisation je navigue aisément dans l’ensemble des menus que j’explore sans vergogne ! 

 

Configuration. Au départ il faut bien configurer la machine en fonction de son exploitation, d’autant que le 4Minx propose en plus des routing, setting et monitoring habituels d’attribuer à certains boutons (F1/F4 et P1/P4) la fonction de son choix. Il faut donc bien choisir sa façon de travailler. La machine n’est pas hyper-réactive et avec la roue codeuse il vaut mieux prendre son temps. Pour l’écoute casque on peut attribuer aux boutons F1/F4 jusqu’à 8 écoutes différentes. Facilement accessible en enregistrement, il ne sont curieusement pas disponible en lecture. La configuration est sauvegardée à l’extinction de la machine. Il est aussi possible de sauvegarder différentes configurations sur la carte mémoire. Enfin des raccourcis claviers permettent d'exécuter rapidement certaines fonctions comme l'effacement de la dernière prise, l’accès au routing casque…

Les nombreuses possibilités me permettent de faire exactement ce que je veux pour ce tournage. 

Toutes les entrées sont assignables à toutes les sorties, via les bus de son choix (BUS L/R et AUX L/R). Il y a tout de même certaines limitations, mais les possibilités sont déjà énormes.

 

Alimentation. Ma machine est alimentée en externe par une batterie NP1. Dans cette configuration la batterie reste à moitié pleine en fin de journée. On doit pouvoir faire une journée complète avec ce type de batterie, même avec des récepteurs HF. Le fabricant donne une autonomie d’environ 7 heures avec la batterie NP-F.

 

Exploitation. L’oreille se fait rapidement à l'écoute casque (précise et dynamique comme j’aime) et rassure tout de suite sur la qualité du son. 

L’écran est lisible et le regard trouve rapidement l’info que l’on recherche. L’écran affiche clairement le passage en mode enregistrement ou lecture. Enfin les potentiomètres, malgré une accroche visuelle pas très sexy, se révèlent agréables et précis. Globalement on s’habitue très vite à la machine. A confirmer en exploitation en portée.

 

Les baragraphs peuvent être programmés, et on peut choisir d’afficher 4 ou 8 bars. Dommage qu’en version 4, là où les bars sont plus grosses, on ne peut pas choisir d’afficher le BUS et l’AUX, seulement les entrées. 

 

C- Enregistrement

Pour enregistrer il faut préparer son projet. Comme dans le Cantar les fichiers s’organisent en Projet>Jour-de-travail>Scène. La machine incrémente automatiquement le nombre de prises. On peut aussi choisir les infos qui apparaîtront sur le nom du fichier.

 

Par contre la gestion des infos «Scene» n’est pas très compréhensible. Elles apparaissent en chiffre, mais aussi sous le nom qu’on va lui donner. Autant on peut générer une nouvelle scène, autant il n’est pas possible d’en supprimer une à postériori.

 

Le fabricant insiste sur cette notion : le 4minx est orienté fichier. C’est à dire qu’on enregistre des fichiers (de 2 à 8 suivant la machine) et non pas des pistes. Chaque fichier peut contenir une ou plusieurs pistes.

On doit donc configurer les fichiers qui seront : mono, stéréo, ou polyphoniques. Il est possible de créer plusieurs fichiers (6 au maximum pour cette machine) qui pourront être armés et désarmés à chaque enregistrement en fonction des besoins. Info évidement clairement visible sur l’écran.

 

On passe en enregistrement en appuyant 2 fois sur «REC». Une nouvelle pression sur «REC» met l’enregistrement en pause. Suite à une nouvelle pression, il reprend aussitôt l’enregistrement en y ajoutant aussi le temps de pré-record défini par l’utilisateur. Pratique pour éviter de générer des fichiers inutiles, quand on lance le moteur trop tôt par exemple. Il est aussi possible d’effacer le dernier fichier qui passe alors dans un dossier «trash».

 

Pour la lecture des fichiers, un nouvel écran s’affiche dans lequel on peut naviguer pour trouver le fichier rechercher. On peut aussi y adjoindre des commentaires et «cercler» les bonnes prises.

 

Sur l’ordinateur on retrouve son dossier projet qui contient les «Workday» et les fichiers Wav nommés comme on l’aura choisi. Apparait aussi le dossier «Trash» et éventuellement les rapports son automatiques. Apparemment sous UNIX (la machine est sous Linux), je n’ai pas encore réussi à les lire sur mon Mac. A creuser.

 

D- Au final.

 

Après avoir écouté les uns et les autres. Après avoir lu sur le forum de Perchman.com toute la discussion sur la machine et enfin après avoir pris le temps de manipuler et écouter une machine de test chez Tapages (malheureusement l’exemplaire à disposition chez Tapages présenterait des gros bugs) et après avoir passé trois jours avec la machine, je suis au final très satisfait et séduit par cet enregistreur. Je ne regrette pas mon saut direct dans le grand bain AETA. Je me servirai dorénavant de la machine comme enregistreur ou mélangeur simple. La machine sera très pratique aussi pour faire des ambiances en double stéréo ou L/C/R et même, pourquoi pas, avec des micros numériques !

 

Pas de bug, pas de panne, une prise en main facile et surtout une qualité sonore largement au rendez-vous (pré-ampli, limiteur, écoute casque) le 4 Minx semble arrivé à maturité dans sa version 1.5

 

Les quelques défauts qui trainent sont liés au logiciel et devraient donc disparaître facilement. C’est aussi l’avantage d’avoir un fabricant français. Il est facile de dialoguer avec lui et important de lui faire parvenir nos retours d’expériences.



Fichiers joints :


Commentaires (2)

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Jean-Marc L Hotel's picture

configuration

est-ce qu'il faut toujours appuyer sur la touch "load" pour "sauver" une configuration ?

Pierre-Antoine Coutant's picture

Tout à fait Jean-Marc !

Pour rendre opérationnel le "project management" (C'est à dire le nom du projet et le jour de travail correspondant) ainsi que le "file management" (c'est à dire la configuration des fichiers d'enregistrement) il faut valider par la touche "Load"

Pour charger une configuration complète en mémoire sur la carte il faut passer par le menu import/setting (export/setting auparavant, bien entendu)

Mais on peut aussi "loader" les snapshots qu'on aura sauvegardé à l'avance (8 maximum je crois). C'est à dire les configurations mémorisées des faders P1/P4 qui sont assignables à différentes fonctions (panpot, entrée ligne, entrée AES).

Et voilà le travail !