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Perchman, retraite et pénibilité

Publié le 11 February 2012
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C'est en lisant cet article du Monde sur la retraite à 60 ans pour les professions dont la pénibilité est reconnue :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/11/retraites-comment-la-penibilite-des-salaries-est-evaluee_1641551_3224.htm

que je me suis posé la question de savoir si l'AFSI ne devrait pas oeuvrer pour la reconnaissance du caractère pénible du métier de perchman lui ouvrant droit de facto à une retraite bien méritée à 60 ans. Bien sûr il n'est pas question ici d'appliquer cela à ceux qui n'ont jamais considéré le poste de perchman que comme un tremplin d'accès au métier de chef opérateur, mais uniquement à ceux qui l'auront excercé un certain nombre d'années (à définir) particulièrement notables et auront fait de ce poste leur métier à part entière. Quelques exemples de ces perchmans, nos ainés, qui ont fait la gloire de ce métier pourraient être Denis Carquin, Bernard Chaumeil, mais il doit bien y en avoir plus d'une vingtaine dans le métier qui ont bien donné de leur corps et mériteraient cette retraite à 60 ans.

Les critères de pénibilité au travail sont fixés par l'article D. 4121-5 du code du Travail et le décret n° 2011-354 du 30 mars 2011. (ce dernier est un simple décret d'application de l'article en question)

Je les reprends mis en page dans un article de vulgarisation : http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/7107-retraite-anticipee-criteres-de-penibilite mais cela correspond textuellement à l'article D. 4121-5 du code du Travail :

Critères de pénibilité et de risques au travail

Au titre des contraintes physiques marquées :

  • Les manutentions manuelles de charges définies à l'article R. 4541-2 ;
  • Les postures pénibles définies comme positions forcées des articulations ;
  • Les vibrations mécaniques mentionnées à l'article R. 4441-1 ;

Au titre de l'environnement physique agressif :

  • Les agents chimiques dangereux mentionnés aux articles R. 4412-3 et R. 4412-60, y compris les poussières et les fumées ;
  • Les activités exercées en milieu hyperbare définies à l'article R. 4461-1 ;
  • Les températures extrêmes ;
  • Le bruit mentionné à l'article R. 4431-1 ;

Au titre de certains rythmes de travail :

  • Le travail de nuit dans les conditions fixées aux articles L. 3122-29 à L. 3122-31 ;
  • Le travail en équipes successives alternantes ;
  • Le travail répétitif caractérisé par la répétition d'un même geste, à une cadence contrainte, imposée ou non par le déplacement automatique d'une pièce ou par la rémunération à la pièce, avec un temps de cycle défini.

Reprenons alors chacun de ces critères un à un :

Manutention de charge :

"On entend par manutention manuelle, toute opération de transport ou de soutien d'une charge, dont le levage, la pose, la poussée, la traction, le port ou le déplacement, qui exige l'effort physique d'un ou de plusieurs travailleurs."

La perche avec bonnette et émetteur HF en tête de perche est un soutien de charge indéniable. Et que dire des valises et roulantes énormes que tant de chefs opérateurs du son impitoyables nous imposent de transborder à longueur de journée et que bien sûr jamais ils n'aideront à monter dans la mansarde du 6ème au bout d'un esclier en colimaçon !

Positions forcées des articulations :

A chaque fois que je vois mon kiné (non remboursé par la profession), celui-ci ne cesse de m'indiquer des positions pour pouvoir mieux équilibrer mon corps et mes articulations et trouve abhérant au XXIème siècle d'avoir encore à manipuler des cannes de bambou comme il dit. Il est vrai que la Fisher n'a jamais trouvé écho en France. Artrose et tendinites à répétition, sciatique, cruralgie, rhumatisme sont le lot du perchman vers la cinquantaine (si ce n'est plus tôt).

Vibrations mécaniques :

"Au sens du présent titre, on entend par :
1° Vibration transmise aux mains et aux bras, une vibration mécanique qui, lorsqu'elle est transmise aux mains et aux bras chez l'homme, entraîne des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, notamment des troubles vasculaires, des lésions ostéo-articulaires ou des troubles neurologiques ou musculaires ;
2° Vibration transmise à l'ensemble du corps, une vibration mécanique qui, lorsqu'elle est transmise à l'ensemble du corps, entraîne des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, notamment des lombalgies et des microtraumatismes de la colonne vertébrale."

Bon, ce n'est pas trop le cas, je n'ai pas le souvenir d'avoir subi de vibrations mécaniques particulières, à part celle de ma propre tétanie, par contre les effets décrits dans cette définition sont la parfaite description des douleurs et maladies qu'un perchman ayant pratiqué fort longtemps aura un jour ou l'autre :  troubles vasculaires, lésions ostéo-articulaires, troubles neurologiques ou musculaires, lombalgies, microtraumatismes de la colonne vertébrale.

Aux titres de l'environnement physique agressif  et  de certains rythmes de travail, il est difficile de retenir un des critères mentionnés, même si le bruit est notre douleur, même si le froid et les heures de travail de nuit sont notre cauchemar.

Il manque à ces critères définis par la loi, les atteintes d'ordre psychologique, stress, pressions hiérarchiques, pressions sociales, qui peuvent amener certains à présenter de graves troubles psychiques.

Il restera donc à établir un critère de durée, le nombre d'heures de perche pratiquées, pour admettre ou non, à l'aurée de la retraite, le caractère pénible de la carrière d'un perchman. Je n'ai pas connaissance pour l'instant d'un perchman ayant revendiqué cela auprès d'une de ces fameuses commissions de pénibilité, mais nous n'en sommes qu'au début de celles-ci qui d'une manière générale ne se donnent pas plus de dix minutes par dossier pour attribuer ou non cette fameuse "retraite pénibilité".